Un peu d’histoire…

L’histoire de l’Aromathérapie peut se résumer en quatre grandes époques :

  1. Celle au cours de laquelle étaient utilisées des plantes aromatiques, telles quelles : dans l’alimentation, puis  sous forme de macérations, infusions ou décoctions.
  2. Dans laquelle les plantes aromatiques étaient brûlées ou mises à infuser ou à macérer dans une huile végétale. A cette époque apparait la notion d’activité liée à la substance odorante.
  3. Intervient la recherche de l’extraction de cette substance odorante – naissance du concept « Huile Essentielle » qui aboutit à la création  et au développement de la distillation.
  4. Période moderne : dans laquelle la connaissance des composants des Huiles Essentielles est prise en compte pour expliquer les activités : physiques, chimiques, biochimiques et récemment, électroniques des arômes végétaux.

Il y a 40.000 ans, les aborigènes implantés sur le continent Australien utilisaient les feuilles de Mélaleuca Alternifolia dont l’Huile Essentielle est d’une importance majeure dans « l’arsenal » aromathérapeutique moderne (le fameux Tea Tre)

Un alambic en terre cuite a été découvert au Pakistan, il semble remonter à 5.000 ans avant notre ère.

Le continent indien est une des régions du monde les plus riches en plantes aromatiques. Il y a plus de 7.000 ans les « eaux aromatiques » y étaient connues et utilisées.

En Mésopotamie, une inscription remontant à près de 4.000 ans fait mentions d’huiles dans le cadre de rites religieux mais également pour lutter contre les « épidémies ».

En Chine, vers 3.500 ans avant notre ère, les bois aromatiques étaient utilisés comme encens.

En Egypte entre 3.000 et 2.000 ans avant notre ère, les médecins utilisaient les plantes aromatiques pour soigner les malades mais aussi lors de pratiques magiques, religieuses ou ésotériques.

Néanmoins, c’est dans l’embaumement consistant en une imprégnation complète des tissus du défunt avec un mélange d’extraits aromatiques (huiles de cèdre et de basilic) que leur emploi nous a laissé les traces les plus certaines.

Les Perses, 1.000 ans avant notre ère, semblent être les « inventeurs » de la distillation proprement dite. Il faudra attendre 2.000 ans pour voir ce procédé être sensiblement perfectionné.

Les Grecs et les Romains étaient de grands utilisateurs d’onguents et de parfums. Hippocrate « Le Père de la médecine » indique dans les Aphorismes qui lui sont attribués, l’utilité des bains aromatiques. A Athènes, il lutta contre les épidémies et tout particulièrement la grande peste en faisant brûler de la lavande, du romarin, de l’hysope, de la sarriette …

Les Arabes permirent une évolution considérable de la technique de distillation. Ils produisirent de nombreux parfums, tout particulièrement à Damas. L’importante utilisation d’épices et extraits aromatiques que fit l’occident dès le moyen âge fut sans doute liée aux croisades qui permirent de rapporter l’art de la distillation.

Le nom « aromaterii » donné aux apothicaires vers le XVème siècle donne une idée de la place occupée par les plantes aromatiques et leurs extraits dans la médecine de cette époque. L »’histoire désormais classique des quatre voleurs qui conçurent un vinaigre aromatique dont ils s’enduisaient le corps pour détrousser « en toute immunité » leurs infortunés contemporains atteints de la peste est assez connue pour ne pas être contée en détail de nouveau ici. Pourtant il n’est pas sans intérêt de rappeler que leur vinaigre aromatique comportait entre autres :

  1. Eugénia caryophyllus = clou de girofle
  2. Lavandula latifolia = lavande aspic
  3. Cinnamomum verum = cannelle écorce
  4. Mentha X pipérita = menthe poivrée

Cette composition est restée inscrite au codex pharmaceutique jusqu’au début du 20ème siècle. L’avènement de la civilisation industrielle entrainera un oubli presque total de l’utilisation thérapeutique des Huiles Essentielles.

Le Renouveau :

La France, occupe de très loin, la 1ère place dans l’histoire moderne de l’Aromathérapie. Le terme « Aromathérapie » fut forgé en 1928 par René Maurice GATTEFOSSE  – chercheur Lyonnais – dont l’anecdote célèbre conte qu’il se brûla grièvement la main dans son labo lors d’une explosion et qu’en la plongeant sur le champ dans un vase empli d’huile essentielle de lavande une guérison ultra rapide s’ensuivit, sans infection, ni trace cicatricielle !

Dans les années 60 Jean VALNET qui s’enthousiasma pour l’extraordinaire puissance curative des Huiles Essentielles et qui grâce à la publication de son ouvrage « Aromathérapie » lança la nouvelle vague d’intérêt pour les « essences » dans le grand public et chez nombre de médecins qui intégrèrent plus ou moins cette thérapeutique à leur « arsenal ».

Naissance de l’aromathérapie scientifique :

Depuis la seconde moitié des années 70, Pierre FRANCHOMME, chercheur aromatologue et Daniel PENOEL, Docteur en Médecine, en collaboration avec de nombreux médecins, pharmaciens, biologistes et chercheurs, étudient les Huiles Essentielles poursuivent et suscitent des travaux en aromathérapie.

L’Aromathérapie scientifique ouvre aux médecines naturelles une voie nouvelle vers la reconnaissance de leur intérêt, de leur valeur et de leur utilité première pour la santé humaine, animale et évidemment, végétale …

« L’Aromathérapie Exactement » Pierre FRANCHOMME – Roger JOLLOIS – Daniel PENOEL

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